Les voies périphériques 

EXPOSITION D’UNE CASE À L’AUTRE !

HALIDA BOUGHRIET, COLINE GAULOT, LEILA SADEL

Du 11/04/2024 au 04/05/2024

Rêvoirs, Biennale d’art contemporain de Sélestat

Rêvoirs, Biennale d’art contemporain de Sélestat
23 septembre – 5 novembre 2023
Biennale de Sélestat, Grand Est
10 créations in situ pour l’espace public

Commissaire : Elise Girardot

Brochure : https://www.elisegirardot.com/_files/ugd/9a3cfd_5ed32d20584a4a49b1c57aea200dce60.pdf

https://www.zerodeux.fr/reviews/25e-biennale-dart-contemporain-de-selestat/

Avec Garance Alves, Camille Beauplan, Hugo Bel, Halida Boughriet, Estelle Chrétien, Markus Hansen, Shivay La Multiple, Pascal Lièvre, Clément Richem, Mathias Tujague

Halida Boughriet,
Pandore – Format 225 x 150cm

Les enfants de la République (Série Pandore), impression directe
encre UV sur dibond, 2014 © ADAGP Halida Boughriet, Courtesy de l’artiste

Diner des anonymes (Série Pandore), impression directe
encre UV sur dibond, 2014 © ADAGP Halida Boughriet, Courtesy de l’artiste

L’heure de la lecture (Série Pandore), impression directe
encre UV sur dibond, 2014 © ADAGP Halida Boughriet, Courtesy de l’artiste

Bichromie au regard trompeur(Série Pandore), impression directe
encre UV sur dibond, 2014 © ADAGP Halida Boughriet, Courtesy de l’artiste

 

Aujourd’hui, quels rêves les artistes nous transmettent-ils ? Dans un monde cahoté, quels sont les récits qui nous font rêver ? À Sélestat, les contes, légendes et narrations habitent la ville. Le promeneur déambule au cœur d’un mille-feuille temporel. Ici, le Moyen-âge ou la Renaissance, là, le temps de l’occupation allemande. Les façades ornées de motifs, bas-reliefs, fresques, sculptures animales ou humaines éclairent l’Histoire de Sélestat. Les dix artistes de la 25e Biennale d’art contemporain proposent des rêvoirs, comme des « dortoirs » dédiés non pas au sommeil mais au rêve. Rabelais, admirateur d’Erasme, en a fait usage dans le Tiers Livre. Les œuvres des artistes dialoguent, se répondent, créent parfois des paysages ou des personnages. Elles s’emparent des caractéristiques de la ville : son bâti, son patrimoine naturel ou immatériel. Chaque installation démontre comment les récits contemporains cherchent à se réinventer.
Les dessins, photographies, vidéos, œuvres textiles, sonores et en volume tracent un itinéraire onirique aux rebondissements multiples. Caustiques ou réalistes, les formes, les couleurs et les images nous invitent à un voyage fantasque. Plusieurs artistes conçoivent des créations in situ pour la Biennale (Garance Alves, Clément Richem, Shivay La Multiple, Camille Beauplan, Hugo Bel). D’autres font référence à la situation transfrontalière de Sélestat (Mathias Tujague, Markus Hansen, Pascal Lièvre). Ailleurs, Halida Boughriet met l’enfance à l’honneur et Estelle Chrétien rend hommage aux jardiniers de la ville. Par les moyens de l’art, les installations abordent les enjeux contemporains qui nous rassemblent et nous traversent : les identités plurielles, la mémoire subjective, les souvenirs, le passage du temps et la transmission. À l’entrée de la ville, près d’un monument, sur une place ou sur les murs, du haut d’une tour, au parc des Remparts, au château d’eau et au détour d’une rue, les artistes nous surprennent et nous invitent à découvrir leurs rêvoirs.

Halida Boughriet, 2014
Série Pandore

Les quatre photographies intitulées Bichromie au regard trompeur, Dîner des Anonymes, Les enfants de la République et L’heure de la lecture sont disséminées à travers le centre-ville. Initiée en 2014, Pandore rappelle les compositions sophistiquées des peintures flamandes. Les personnages d’Halida Boughriet s’inscrivent dans un décor nébuleux où le faux-semblant prédomine. Le titre de la série fait référence à la mythologie grecque : Pandore est la première femme, créée sur l’ordre de Zeus et envoyée sur Terre avec un mystérieux récipient. Dans un poème, Hésiode raconte comment la curiosité de Pandore la mène à ouvrir le récipient, libérant des malédictions physiques et émotionnelles sur l’humanité. Elle devient malgré elle l’instrument de la vengeance de Zeus. La traduction d’Erasme dans Les Adages transforme la jarre en boîte. Halida Boughriet ré-interpète le mythe et le transpose dans un contexte contemporain qui dialogue aujourd’hui avec Sélestat, bien côtoyée par l’humaniste Erasme. Les attitudes, regards et gestes des enfants transmettent l’espoir d’un changement. Certains nous fixent tranquillement alors que des indices nous éclairent : le Parisien titre « Abattu », en résonance peut-être à la désillusion du garçon qui le présente à nous. Ailleurs, on observe une reproduction de La Ronde de nuit de Rembrandt et sa milice de mousquetaires ou encore La Danse des Paysans, de Pieter Bruegel. Un ballon de foot ou de basket, des raquettes de ping-pong viennent perturber le décor bourgeois. Malgré le malaise, les enfants sont fiers et résignés. Les adultes discrets qui les accompagnent parfois semblent regarder hors-champ, vers un meilleur horizon. Les codes revisités de la peinture classique inscrivent ici les corps de la diaspora dans un champ de références communes, ouvertes à tous et dont chacun pourra désormais s’emparer

HALIDA BOUGHRIET,  VIT À CHOISY-LE-ROI.
Au carrefour de préoccupations esthétiques, sociales et politiques, ses photographies s’efforcent de saisir les tensions contenues dans les relations humaines. L’artiste consacre ses recherches à la déconstruction des stéréotypes, dans une volonté de rendre visibles les subjectivités historiquement sous-représentées dans la culture visuelle. Son travail a récemment été présenté dans l’exposition Modernités arabes, collection du musée de l’Institut du monde arabe à Rabat.

 

HOUSE OF REASONED TRUTHS

HOUSE OF REASONED TRUTHS
Recent Video Art from Africa
Curated by Kisito Assangni
featuring works by:
Halida Boughriet, César Schofield Cardoso, Djibril Dramé, Victor Mutelekesha, 
Nyancho NwaNri, Harold Offeh, Minnette Vári, and Haythem Zakaria
September 16th – October 28th, 2023

Technological advancement and interculturalism have transformed contemporary African art, introducing a broad range of new forms of expression along with new perspectives on culture and society to Africa’s thriving art scene.  With particular attention to contemporary video art,  House of Reasoned Truths taps into the vitality of this recent work, capturing its aesthetics and broad range of formal strategies, while focusing specifically on its capacity to address the challenges of modern life in an era of globalization.  The artists in this show come from across the continent. They work reflexively, using the conventions on their respective social worlds to meditate on them and their contradictions.  They speak to questions of community, social cohesion, feminism, diasporic subjectivity, geopolitics, environmental forces, performativity, and power –  provoking reflection on Africa and the world today, beyond historically reductive classifications

Halida Boughriet, Feuille d’or (Gold leaf), 2022, 06:41
Fire eats the wood up, it moves fast, to Beethoven’s Kreutzer Sonata, dedicated to George Bridgetower. Sounds of crepitation and enlivening violin strings open the scene in darkness. Life and death, a violin burns, like the memory of Bridgetower, in the half-light, blue red flames licking around it. A British Black virtuoso violinist, Bridgetower performed the piece “sight-reading with Beethoven at the 1803 première”. The artist lights a match upon ancient faces from Caravaggio to Valentin de Boulogne. A performance of a hand and a flame over an image. The flame flickers, hesitates, is hungry. Together, hand and flame graze the image, as though about to set it alight. Black women, North African women, women as ‘Other’, women as forsaken, orientalised, enslaved, objectified.
With her captivating voice, Halida Boughriet takes her viewer by the hand, reading poems by the Romantics – Baudelaire, de Vigny, Flaubert – whose crafted words entrap the Oriental muse, and unsettle a contemporary consciousness.
Senghor’s verses offer an alternative voice, accompanying archival photographs of North African women in native dress and jewels, on whom so much patriarchal erotic desire and violence has been thrust.
The colony, the empire, the archive, the vast collections of photographs of the disempowered, on the web, searchable and up for purchase. Has much changed since they were taken? The rhythm of the voice questions and seduces, the flame, briefly revealing a brutal history, connects us to the sticky web of primitivism that saturates Western culture, without ever touching the image. We float through in the partial light, trying to remember and re-member a different history, still trapped in the shadows of this time, our time. A brief moment, too short, is conceded to try to understand the consequences of Western civilisation, after which the match consumes itself, the flame withers and dies. (Martina Caruso, art historian)